A la Villa du Hautsart à Mélin, la Commanderie de Wallonie a organisé, le vendredi 9 juin 2023, un bel événement, son 11ème Chapitre, rehaussé de la présence de la Confrérie des Gentilshommes du Duché de Fronsac. 

Pas moins de 9 châtelains bordelais étaient presents ou représentés pour célébrer les vins de Bordeaux.

Un dîner de gala a suivi la cérémonie.

Les membres de la Commanderie et les invités ont eu l’occasion de découvrir neuf prestigieux domainesrépartis entre les deux appellations : FRONSAC et CANON FRONSAC

DISCOURS de Christophe WaterkeynMaître Commanderie de Bordeaux de Wallonie


«Mesdames et Messieurs les propriétaires des Château La Brande, Château Magondeau, Château Renard, Château Canon, Château Les Roches de Ferrans, Château Moulin Haut-Laroque, Château Tessendey,Château Mazeris et Château Gaby,

Chère Madame Tillieux, Présidente de la Chambre 

Chère Madame Audouin-Wastin, vice-Maître de la Commanderie de Bordeaux de Bruxelles,

Chers Monsieur et Madame Baele, propriétaires du Domaine du Ry d’Argent à Bovesse,

Chers Commandeurs et chers impétrants,

Chères amies et chers amis, vous qui aimez tant le Bordeaux,

Vous ne pouvez pas imaginer à quel point je suis heureux d’ouvrir ce onzième chapitre de notre Commanderie avec autant d’étoiles à nos côtés, 9 domaines issus de deux des plus belles appellations bordelaises FRONSAC et CANON FRONSAC, qui nous soutiennent dans notre rêve et rehaussent notre chapitre de leur présence en nombre. 

Je rappelle qu’ils nous offrent généreusement ce soir leurs divins nectars. Pas moins de 10 vins à déguster pour notre douzième anniversaire. Si cela n’est pas un bon signe ! 

Cela mérite plus que nos chaleureux remerciements. Cela mérite un tonnerre d’applaudissements. » 

« Et dire qu’elles et ils sont venus des terres girondines distantes de 900 km pour cette soirée. Si ça ce n’est pas de l’amour !

Comme dirait notre Grand Echanson : « Heureux ceux qui font des rêves et qui sont prêts à payer le prix fort pour qu’ils deviennent réalité ». 

Merci Madame et Messieurs de Fronsac et Canon-Fronsac de nous faire rêver ce soir ».

« Le vin, c’est de la culture. La culture de la vigne, mais aussi de la culture pour l’esprit. 

Le vin n’est pas un alcool comme les autres. Ce sang des dieux fait partie de l’histoire de l’Humanité, il appartient à notre culture ».

« Alors pourquoi pas un grand coup de projecteur sur chacun des vignerons présents ce soir, sachant qu’ils présenteront eux-mêmes leurs vins quand ils seront servis à table. 

Parmi nous ce soir nous avons :

  • Monsieur Xavier CHASSAGNOUX, propriétaire du Château Renard à La Rivière ;
  • Monsieur et Madame Jean GALAND, propriétaires du Château Canon à Fronsac ;
  • Monsieur Benoît SOULIÈS, propriétaire du Château La Brande à Saillans ;
  • Monsieur Olivier GOUJON, propriétaire du Château Magondeau à Saillans ;
  • Monsieur Rémy ROUSSELOT, propriétaire du Château Les Roches de Ferrans à Saint-Aignan ;
  • Monsieur Thomas HERVÉ, propriétaire du Château Moulin Haut-Laroque à Saillans ;
  • Monsieur Arnaud D’ARFEUILLE, propriétaire du Château Tessendey à Saillans.
  • Monsieur Patrick de COURNUAUD, propriétaire du Château Mazeris à Saint-Michel de Fronsac, Grand-Maître de la Confrérie des Gentilshommes du Duché de Fronsac, empêché ce soir mais bien présent par ses vins, 
  • Monsieur LANDOUAR, propriétaire du Château Gaby, empêché ce soir bien présent par ses vins.

Ce soir, place à l’amitié, à l’élégance et à la perfection. Pour cette édition, je me suis fendu de mon sempiternel discours tant redouté.

Bordeaux traverse une crise historique et la question de l’arrachage s’invite à table. Il aura fallu pour cela un mouvement spontané des vignerons eux-mêmes, pour bousculer l’institution. 

Le spectacle des vignes abandonnées, comme le drame social silencieux qui l’accompagne, n’échappent plus à personne. Il faut être clair sur le diagnostic. Le vin n’occupe plus structurellement l’espace comme au vingtième siècle. 

La France a terminé sa déchristianisation, le repas familial comme institution assez patriarcale a fait place à la restauration hors domicile et au réfrigérateur en libre-service. La génération du baby-boom, clientèle historique, arrive en fin de course et le vin a perdu sa place prépondérante dans l’imaginaire des jeunes, qui sont les amateurs de demain. Ce monde du vin s’est industrialisé, rationalisé, robotisé et a perdu son âme, sa place symbolique de rapport à la terre et au vivant. L’idéal du Wine Business c’est maintenant l’intelligence artificielle, les outils autonomes, guidés GPS, si possible sans intervention humaine. Certains nous proposaient même de « vinifier avec notre smartphone » !

On recherchait autrefois les vins de vignerons passionnés et originaux. Qui va aujourd’hui rêver aux vins des robots ? Va-t-on ré-enchanter le vin en passant du rapport à la terre au mirage de la technologie 2.0?

Alors ce soir, une fois de plus, permettez-mois de refaire mon ode aux vignerons créateurs d’émotions que nous avons le bonheur d’avoir à notre table ce soir. Je réalise combien il faut aimer ce métier de vigneron que font nos huit artistes-artisans de ce soir, couturier de grands vins.

Réalisez-vous combien d’événements – du cep au verre – peuvent intervenir et ruiner leur labeur. J’en compte près d’une dizaine pouvant affecter le potentiel de production, la quantité de vendange qui sera récoltée en septembre

  • gel de printemps et grêle (mars avril mai)
  • mange-bourgeons, escargots, cochenilles
  • coulure, millerandage (juin)
  • mildiou, oïdium, black-rot (mai-août)
  • sécheresse, échaudage (août)
  • pourriture par le Botrytis (août-septembre)
  • grêle avant récolte (septembre)
  • étourneaux, guêpes, frelons (septembre)

Beaucoup de ces « agressions » sont indépendantes de la qualité de leur travail, de leur compétence, de leurs choix. Les tâches seront bien souvent les mêmes avec une, cinq ou dix grappes par cep, ce qui se traduit par des coûts de production constants quelle que soit la quantité récoltée.

Alors pourquoi font-ils ce métier si aléatoire, digne du sacrifice, du sacerdoce ?

Chaque homme, chaque femme aura sa raison, ses raisons intimes, entre l’héritage d’un patrimoine familial, l’engagement humain, des prêts à rembourser, un métier…et la PASSION !

Passion ? C’est un euphémisme, tant ils acceptent la dureté du climat, la difficulté physique, les longues journées, la charge mentale de faire tourner leur entreprise avec ces aléas, motiver leurs salariés. Et devoir rendre des comptes à nombre d’administrations et à la banque…

Heureusement leurs clients que nous sommes les encouragent tous les jours de donner du plaisir, de faire partie de nos émotions comme ce soir, de créer nos souvenirs mémorables entre amis demain, d’être servi au mariage de nos enfants, anniversaire de nos petits-enfants, parfois de notre mariage d’ailleurs et de nos anniversaires, nos Noël… 

Une partie du vigneron que vous côtoyez ce soir est dans cette bouteille pardi. Et il en est fier !

Puis il y a ce mystère…. La vigne a quelque chose d’ésotérique, je m’y trouve bien sans savoir pourquoi. Au milieu du vignoble, calme et apaisement, vibrations subtiles, nous les accompagnons. Hiver, printemps, été, automne, ils entretiennent leurs vignes patiemment et elles perdurent année après année aussi longtemps qu’un Humain, si l’on en prend soin. Une vigne en bonne santé donnera de beaux raisins. Évidemment.

Messieurs les propriétaires présents et représentés des Appellations d’Origine Contrôlée Fronsac et Canon Fronsac, ce chapitre sera notre déclaration gourmande et amoureuse du monde du vin de Bordeaux que vous représentez divinement bien. 

Ce chapitre évoquera du mieux que nous le pouvons les 9 grands domaines et leurs vins, leurs grands noms et les millésimes qui font rêver tous les amateurs de vins de la Gironde que nous sommes. 

Je vous l’ai promis. Qui mieux que vous pour parler de vos appellations. Je m’efface donc au cours de cette partie solennelle du chapitre pour vous donner la parole afin que vous puissiez nous parler avec vos mots justes et connaisseurs de vos appellations.

Puis-je demander au digne représentant de la Confrérie des Gentilshommes de Fronsac –  Xavier Chassagnoux, Chancelier – de venir à mon pupitre afin de présenter sa Confrérie, les appellations Fronsac et Canon Fronsac et de nous faire rêver durant quelques instants magiques. 

Notre Commanderie, créée en octobre 2011 en est à son onzième chapitre. Nous pouvons compter actuellement sur la présence de 74 Commandeurs, après l’intronisation des 8 Impétrants désireux de rejoindre notre Commanderie.

Avec l’aide de Bordeaux, du Grand Conseil du Vin de Bordeaux, de ses 14 Confréries viticoles, poussée par le dynamisme exceptionnel des 94 Commanderies implantées dans 25 pays de par le monde, notre fougueuse Commanderie vous propose en 2023 une année riche en événements.

Fort heureuse d’être épaulée dans ses activités par les deux autres Commanderies belges, la Commanderie de Bordeaux de Wallonie a la grande joie de s’étoffer ce soir de 8 nouveaux Commandeurs.  Huit impétrants, impatients et impétueux, pressés de rejoindre les ambassadeurs infatigables du vin de Bordeaux que nous sommes ».

Avant d’ouvrir officiellement ce chapitre et de passer à l’intronisation de nos 9 impétrants, je voudrais encore vous dire tout le bien que je pense de notre Conseil Privé, cette horde de fougueux Conseillers et Conseillère.Merci chers membres du Conseil Privé pour votre travail, votre motivation, votre compétence et votre passion.

Je puis donc en toute sérénité déclarer officiellement ouvert le onzième chapitre solennel de la Commanderie de Bordeaux de Wallonie ».

Christophe Waterkeyn

Maître 

Commanderie de Bordeaux de Wallonie

Ce chapitre a été suivi directement par un chapitre de la Confrérie des Gentilshommes de Fronsac, qui ont mis à l’honneur trois personnalités belges en les intronisant Gentilshommes et Gentilledame d’Honneur de la Confrérie des Gentilshommes du Duché de Fronsac :

  • Madame Eliane Tillieux, Présidente de la Chambre des Représentants (mandat exercé pour la première fois par une femme depuis 1830)
  • Monsieur Jean-Paul Salembier, Cardiologue au CHU UCL Namur – Sainte Elisabeth
  • Monsieur Christophe Waterkeyn, Maître de la Commanderie de Bordeaux de Wallonie

Le lendemain, une journée de découverte leur avait été organisée par la Commanderie de Bordeaux de Wallonie en visitant tout d’abord l’abbaye de Villers, puissante abbaye cistercienne fondée au XIIe siècle, suivi d’un passage par son vignoble associatif, historique et didactique de 20 ares – Villers-la-Vigne® – au moment de l’apéritif en présence des travailleurs de la vigne , suivi d’une visite privative du Domaine du Ry d’Argent à Bovesse, propriété viticole appartenant à Monsieur Baele, également Commandeur, et de son épouse.