Pour la quatrième fois, le Conseil privé de la Commanderie de Bordeaux de Wallonie vous a concocté, mijoté et servi un voyage riche et varié dans le Bordelais. Après « Pessac-Léognan, Saint-Emilion, Sauternes » en 2014, le « Médoc » en 2015 et « Les Bordelaises, ces magiciennes qui font le vin de Bordeaux »  en 2017, nous avons rayonné cette fois dans l’Appellation « Lalande-de-Pomerol ».

Les deux Maîtres-mots de ce périple d’exception peuvent sans conteste se résumer en QUALITÉ et AMITIÉ…. la qualité des crus et millésimes de Lalande-de-Pomerol et l’amitié offerte sans compter des vigneronnes et vignerons de l’appellation.

905 km nous séparent de la Jérusalem du Vin. Une paille pour les mordus contaminés par BORDEAUX TOUJOURS BORDEAUX que nous sommes. Juste le temps de déposer ses valises à l’IBIS de Saint-Emilion, lieu stratégique au centre des joyaux de cette appellation pour les 3 prochains jours et nous voici déjà autour de la table pour le dîner au bistrot des Vignobles, Rue de la porte Bouqueyre en plein centre de St Emilion, autour d’une cuisine traditionnelle et de qualité.

Douze Commandeurs réjouis autour d’une belle table bien garnie, vite rejoints par Béatrice Massonie (Château Perron) et Xavier Piton (Château Belles-Graves) qui – dès ce soir – haussent encore un peu plus haut la barre de notre amitié et la scellent à tout jamais pour le meilleur. Au menu couteaux en persillade, lieu noir et autres délicatesses comme leur fameux dessert Saint Emilion Brest revisité. Nous nous sommes régalés dans une ambiance des plus conviviales, autour et arrosés de GCC de Saint-Emilion, endroit oblige. Pour après…ce sera du Lalande pardi.

Le lendemain, 9h30 nous voilà invités au château Belles-Graves au charme serein et bucolique, avec ses bâtiments harmonieusement proportionnés, où l’on arrive par une longue allée, ombragée par les frondaisons de tilleuls centenaires, au bout de laquelle nous attendait le Maître des lieux, Xavier Piton.

Accueil privé dans son salon suivi d’une promenade dans le domaine si paisible.

Depuis le haut de cette belle croupe de graves gracieusement élevée et ensoleillée, protégée des bruits et des aléas du monde extérieur par sa situation retirée au milieu des vignes, on peut deviner cette petite rivière « La Barbane », ce fil d’Ariane du terroir viticole bordelais qui serpente harmonieusement entre ses vignes.

 

 

 

 

 

 

Le Château Belles-Graves et son vignoble agrandi au cours du XX et XXIème siècle significativement jusqu’à atteindre aujourd’hui 17 ha sont une véritable histoire de famille comme on les aime, depuis Jean Theallet et son épouse Hermine, la Grand-Mère de Xavier. Toutes ces familles ont sans interruption développé durablement et amélioré sans cesse les pratiques à la vigne, au chai, et dans la gestion quotidienne de la propriété.

S’en est suivi une dégustation magistrale de ses vins. Incroyable… la richesse de ce terroir et la palette aromatiques des différentes parcelles. Tout d’abord, différents millésimes du CHÂTEAU BELLES-GRAVES, le grand vin, produit par les vieilles vignes. Puis il y a ce qu’il appelle « l’exercice de style » qui présente ce que le domaine peut offrir de meilleur: la FAMEUSE CUVÉE « X … comme Xavier.

Cette verticale de ses millésimes parfait la dégustation au cœur même de cette superbe chartreuse qu’est le château Belles-Graves par la propriétaire en personne, Premier Bailli des Baillis de Lalande-de-Pomerol, garant de l’authenticité et à la convivialité qui caractérisent les lieux depuis le XVIIIème siècle.

 

 

 

 

 

 

 

11h30 déjà…et nous sommes attendus au Château Perron par Béatrice Massonie, en grande forme dès l’arrivée de notre carrosse allemand de 19 places, aussitôt rejointe par son papa Michel Pierre, en grande forme et bien alerte. Le drapeau belge est hissé fièrement alors que la Belgique se cherche toujours un gouvernement fédéral.

 Au Cœur de l’appellation Lalande de Pomerol, château PERRON s’étend sur 23 hectares de vignes dont 22.5 hectares en AOC  Lalande de pomerol. Château PERRON est la propriété de la Famille Massonie depuis trois générations. Depuis 1958, la gestion du château Perron est familiale, tout d’abord avec Mr Auguste Massonie et son fils Michel-Pierre MASSONIE puis, depuis 2000, ses trois enfants, Béatrice, Bertrand et Thibaut représentent le Château Perron.

C’est sous les explications éclairées de père en fille que nous nous faisons tout simplement gâtés au cuvoir, au chai et à la cave où nous sommes accueillis en amis, en vignerons, en membres d’une même famille, celle de Bordeaux, celle de là où il y le bon vin de Lalande. L’Appellation au visage du Château Perron et de leurs propriétaires déroule ici son tapis rouge de l’amitié, de l’échange vrai, du partage ouvert du ressenti. Un grand moment dans la cuverie de foudres en chêne majestueux scellée numériquement par la photo de groupe devant le blason de la famille à l’histoire étonnante.

 A bon…déjà l’heure du déjeuner. Nous voilà guidé par le Grand Maître Emérite du Grand Conseil du Vin de Bordeaux et sa fille Béatrice, depuis les chais jusqu’aux salons du Château. C’est du pur bonheur, du pur élixir de jouvence, promesse de rester éternellement jeune de cœur et enthousiaste de fraîcheur et de capacité d’émerveillement. Nous sommes accueillis par la Maîtresse de maison .Il fait chaud et le buffet froid arrosé de leurs meilleurs vins servis sous de nombreux millésimes et en quantité morbleu…est présenté avec une grande gentillesse. Nous nous sentons en famille, accueillis par nos hôtes avec ce petit je ne sais quoi qui fait que l’on se sent un peu « à la maison, oserais-je dire.

Les discussions sont multiples et les vins et les millésimes sont choisis pour nous plaire à tout jamais. Voilà qui est fait.

Noooon ….quoi il faut déjà repartir ? Pas maintenant…il fait si beau et Lalande sent bon l’été.

 Mais nous sommes attendus une visite jolie guidée de la ville où nous découvrons l’essentiel de Saint-Emilion – mais est-ce possible en une heure et demie – dont l’impressionnante église monolithe grandiose de respect du travail des hommes à la gloire de Dieu, la douce et bienvenue fraicheur des catacombes et des souterrains.

Les ruelles et la place de Saint Emilion sont si gaies par ce beau soleil caniculaire. Les terrasses sont chatoyantes des trois couleurs des vins de Bordeaux, animées des touristes égayés par les effluves des arômes de Merlot, les yeux emplis d’images colorées de vignes et de graves, les mines rosées des vapeurs volatiles des verres de vins frais vidés trop vite pour rafraîchir les gosiers qui ont eu beaucoup trop chaud.

Cette première journée en Libournais est dense et nous nous engouffrons à présent dans le minibus surchauffé qui nous emmène vers le Château des Annereaux.

L’histoire de ce beau domaine est longue et riche, elle débute  au XIVème siècle. Les descendants de la famille Annereau ont exploité jusqu’à aujourd’hui sans discontinuité les terres de leurs ancêtres.

A tout seigneur…tout honneur. Nous avons le privilège d’être reçu par le papa, Dominique Hessel qui débute le tour du propriétaire en commençant par le beau manoir à l’esthétique incontestable et à la douce couleur rosée, datant probablement de 1598, et remaniée à plusieurs reprises au début du XIX° puis au XX° siècle puis rehaussé d’un étage en 1818.

 Il poursuit en parlant du vignoble du Château des Annereaux qui s’étend sur une superficie totale de 25 hectares. Le vignoble est aujourd’hui conduit en agriculture biologique, d’un seul tenant.

Dominique nous explique qu’avec son fils Benjamin, ils sont allés jusqu’au bout de la démarche environnementale. Après les trois ans d’efforts pour maitriser la culture biologique, le millésime 2010 fut le premier à pouvoir arborer le logo AB sur son étiquette.

Nous passons par la cuverie et le caveau de dégustation où nous avons le privilège de déguster une bien agréable verticale de leur grand vin issu de la sélection des meilleurs lots. C’est un vin généreux, rond et harmonieux dont l’élevage traditionnel en barriques valorise la structure soyeuse et les arômes élégants.

 La fatigue commence à se faire sentir et nous devons nous préparer pour le grand Chapitre solennel des Baillis de Lalande de Pomerol au château de Siaurac. Quelle journée, chers Commandeurs. Et dire qu’elle ne fait que commencer.

Nous arrivons à 19h30 dans cette vaste propriété d’un seul tenant, la plus grande de l’appellation: 46 hectares de vignes plantées, un château datant du XIXème siècle et traversons à pied les 15 hectares de parc romantique vallonné avec des arbres centenaires, puis l’orangerie du XVIIIème siècle.

Rappelons que le Château Siaurac est la plus emblématique des propriétés de l’appellation, séparée des premiers grands crus de Pomerol que par un mince filet d’eau la « Barbane ».

Nous nous changeons entre les nombreux Baillis de Lalande-de-Pomerol, Gentilshommes de Fronsac, Hospitaliers de Pomerol, Jurats de Saint-Emilion et Confrères et Consœurs de Maroilles et sortons en grande tenue en défilé pour participer activement au chapitre solennel tenu sur le perron extérieur de la prestigieuse demeure par un soleil caniculaire.

Cinq de nos Commandeurs présents au voyage reçoivent l’infini honneur d’être intronisés Bailli d’Honneur avec solennité, beauté, grandeur, éloquence et fierté. Bravo chers Clary, Muriel, Paul, Bernard et Martin.

Un nouveau grand moment dans l’histoire de notre Commanderie.

Puis nous passons à table pour le dîner de gala de 5 services aux surprenantes découvertes comme la Lamproie à la Bordelaise et le Bœuf Wellington farci au foie gras, le tout accompagnés des vins de 11 Châteaux AOP Lalande-de-Pomerol. Excusez du peu !

Le dîner – que nous quitterons les premiers à 01h00 du matin – nous laisse le souvenir indélébile de tables colorées, grouillante de diversité, fort animées et passionnées de l’amour du bon vin de Bordeaux. Que du bonheur en intraveineuse. Ici aussi, Lalande toujours Lalande. Nous nous régalons et en redemandons.

Pour notre deuxième jour plein sur place, nous commençons la journée par la visite d’un lieu insolite et méconnu des bordelais et châtelains eux-mêmes. Un petit bijou situé sur un site agréable, dominant le village de « Courrière« , le Moulin des Grandes Vignes, avec ses ailes sur le vignoble de Périssac.

Etrange histoire que celle-ci. L’histoire a commencé en 1984 chez la famille Français, qui rêvait d’un moulin à restaurer mais n’en trouvait pas. Et bien ils en ont construit un ! Incroyable. Papa, maman et leurs enfants, sans autre aide. Un projet de toute une vie. Le travail est long mais le résultat est à la hauteur des espérances. Le site est magnifique ; ce moulin à vent est entièrement aménagé et reste donc l’un des rares capable de moudre du blé. La visite nous permet de comprendre le travail du meunier. Ce moulin a la particularité d’avoir été construit en pierre, en respectant avec minutie toutes les données anciennes, aussi bien dans la toiture pivotante et de ses ailes munies de toiles de lin quand il tourne, que de l’aménagement intérieur du moulin et de ses engrenages.

A quelques pas du moulin, un incroyablement riche musée de la vigne et du vin présente les outils de nos ancêtres, entièrement restaurés. La collection est impressionnante : charrues, pompes à vin, pressoir, sulfateuse en cuivre. On remarquera une belle collection de vieux thermomètres ainsi que des millésimes des grands crus de toute la région bordelaise. La visite s’est bien entendu terminée par la dégustation des vins de la propriété. Une découverte là-aussi !

Puis, nouveau bijou d’amitié sous le signe la passion et de la qualité. Nous sommes accueillis entre vrais amis par Corinne Garde et sa maman Liliane au château Goujon, toutes deux au sourire incroyable – vous savez…celui qui va jusqu’aux oreilles – sous un soleil de plomb. Les yeux plissés de plaisir accrochent à l’unisson chacune et chacun et tout le groupe succombe sous le charme qui -comme un seul homme oserais-je écrire – suit les deux dames jusqu’au cuvier impressionnant puis à la table du déjeuner dressée avec amour.

Avec elles, nous irions jusqu’au bout du monde ai-je cru l’espace d’un long, très long instant.

Le Château Haut-Goujon déploie ses 18 hectares de vignobles sur deux appellations : Lalande de Pomerol et Montagne Saint-Émilion. Encadré des rivières de l’Isle et de la Dordogne, le Château Haut-Goujon en reçoit les influences bénéfiques. Un climat chaud, ensoleillé et humide, parfait pour élever de grands vins !

Le terroir du château Haut-Goujon est composé, soit de sols graveleux/sablonneux soit de sols d’argiles et de graves. Le sous-sol argilo-graveleux provient d’anciennes alluvions et présente des traces d’oxyde de fer que l’on appelle également « crasse de fer ». C’est la présence de cette dernière qui confère aux vins de la propriété tout leur caractère.

Avec l’aide de son frère Vincent, Corinne et lui effectuent la vinification dans un cuvier inox flambant neuf à l’issue d’une sélection parcellaire.

A table, Corinne nous gâte avec le choix d’un traiteur de renom qui nous présente un menu exceptionnel accompagné de ses meilleurs vins, nombreux et de plusieurs millésimes aidés de l’un ou l’autre magnum de ses meilleures cuvées si nombreuses. Elle nous demande notre avis avant et après. Quel drame. Devoir choisir, c’est savoir apprendre à renoncer. Que de dilemme et de rêves assouvis. Merci Corinne, merci Liliane.

Difficile de s’arracher des bras amicaux de nos deux hôtesses mais il est temps à présent de rejoindre le château Moncets et château Chambrun où Julien Noël, Directeur Commercial des Vignobles, nous attend du haut de sa dynamique jeunesse et impressionnante fraîcheur du verbe.

 

 

La propriété du Château Moncets a été créée en 1770. Elle porte le nom du Général de Moncets qui l’aurait acquise en 1872. Rachetée en 2012 par une entreprise familiale bretonne, le vignoble et le chai subissent une transformation radicale en 2015 pour pérenniser l’exploitation et intégrer la même année un deuxième vignoble  le « Château de Chambrun ». La production du Château Moncets évolue avec un packaging épuré et un processus de vinification plus élaboré.

Le château Chambrun est l’autre propriété par l’entreprise familiale. Il avait appartenu à Jean Philippe Janoueix jusqu’en 2007, puis à Silvio Denz jusqu’en 2015. Elle est maintenant le fer de lance du groupe et représente la nouvelle génération de vin sur le domaine. Elle a bénéficié depuis 2016, d’un itinéraire vinicole totalement adapté. Ils ont conservé l’étiquette mettant en avant la croix des templiers, symbole historique de l’appellation.

Julien Noël fait partie de cette jeune équipe qui travaille désormais dans un environnement et un terroir respectés.

Il faut avouer que la verticale des deux châteaux présentés à la dégustation ne laisse aucun doute : depuis 2015, le changement est radical et totalement bénéfique. Nous entendrons encore parler de ces vins dans le futur, c’est sûr.

Après une telle journée, ajoutée à celle d’hier, nous avions bien besoin d’une soirée au calme en plein cœur de Saint-Emilion où nous nous sommes donné tous rendez-vous au restaurant « Ô Trois Fontaines » sous cette chaleur propres aux fournaises tropicales, heureusement bien installés au frais en terrasse en une grande et longue table conviviale, arrosé de Clairet frappé.

La qualité des produits, ainsi que leur fraicheur, sont incontestables. De la pluma de pata negra en passant par le burger de canard, le tartare coupé au couteau tout, absolument tout ici, est fait maison jusqu’à la vinaigrette. Nous sommes absolument charmés !

 

La troisième journée pleine du voyage sera l’apothéose, un véritable parcours sacré aux pouvoirs puissants que seuls des êtres purs peuvent trouver et en prendre possession au plus profond de leur cœur, comme le saint graal de notre Commanderie d’ambassadeurs infatigables du vin de Bordeaux et ici, du Vin de Pomerol.

Les Baillis de Lalande nous ont demandé d’être des leurs. La raison en est simple selon eux : nous avons à présent 8 Baillis d’Honneur parmi les participants. Pourquoi ne pas les intégrer à la Fête de la Fleur à Lalande dans le cortège, à la messe, dans le défilé dans les rue du village, lors de la séance d’intronisation à la mairie, puis toute la journée parmi les tonnelles et les vignerons et vigneronnes de toute l’appellation présents ce jour-là pour fêter la fleur de vigne et leur fleur symbole de l’AOP, la rose de Lalande en ce premier jour du mois de juin.

 

 

 

 

Le rendez-vous dans la salle de la mairie pour se mettre en tenue et le départ du défilé vers l’église Saint Jean Baptiste de Lalande de Pomerol, traversant le cimetière entourant l’église et entrant dans une église bondée en tenue de Baillis…voilà un moment fort et inoubliable pour les grands amateurs de leurs crus et millésimes.

La messe, centrée autour des noces de Cana et rehaussée de chant enveloppant l’assemblée offerte à la cause a creusé encore plus profondément en nous l’attachement sans limite de notre cause à la leur.

Nous avons été, nous sommes et nous serons les éternels ambassadeurs de leurs vins avec eux et sans eux, chez eux et en terres wallonnes.

Les contacts établis tout au long de l’après-midi dans la cour d’honneur, devant la mairie, dans les petites ruelles, sous les tonnelles des nombreux châtelaines et châtelains qui présentaient avec amour leurs vins resteront gravés dans nos cœurs à tout jamais. Le groupe dans son ensemble, mais mieux encore, chacun d’entre nous emporte avec elle, avec lui ce petit bout de terroir et d’amitié au-delà des régions, en gardant vivace ce sourire échangé, ce mot si bien dit, ce regard particulièrement complice qu’il a jalousement reçu en cadeau pour l’éternité.

Un merci tout spécial aux Baillis et au Syndicat d’Initiative de Lalande de Pomerol. C’est eux qui ont créé la magie de ce voyage et nous ont fait rêver pendant ces trois jours !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Merci Xavier, Béatrice, Corinne et Nathalie.

C’est le cœur empli d’émotion que je signerai ce billet par Bordeaux, Toujours Bordeaux mais aussi, Lalande, Toujours Lalande.

 

 

 

 

 

Christophe Waterkeyn

Maître

Commanderie de Bordeaux de Wallonie